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Débordé par les virus, Symantec augmente ses tarifs.
Par Jerome Saiz, le 22 nov 2001 à 13:26:00.

L'éditeur affirme découvrir trop de nouveaux virus chaque jour. Le prix de l'abonnement aux mises à jour de Norton Antivirus augmente donc pour ses utilisateurs particuliers de plus de 150%. Cela fait cher du virus, d'autant que la course n'est pas prête de sarrêter.
Les chercheurs de Symantec sont débordés. Pensez-donc, ils découvrent une bonne quinzaine de virus chaque jour. Pour chaque parasite, il faut créer une signature, afin que l'antivirus soit capable, par la suite, de le détecter. Et bien que le procédé soit le plus souvent quasi-automatique (la majorité des virus partagent des caractéristiques communes), l'éditeur clame que le coût de ce traitement ne fait qu'augmenter. D'où le passage de l'abonnement annuel de $3.95 à $9.95 (les utilisateurs français sont aussi concernés).
A ce tarif là, ce n'est plus une augmentation, mais une explosion. Curieusement, pourtant, aucun de ses concurrents n'envisage de faire de même, pour le moment. Ne verraient-ils pas les mêmes virus ?
Ou peut-être sont-ils moins gourmands. Car il s'agit là d'une très belle opération pour Symantec. Les esprits taquins pourraient d'ailleurs imaginer que l'éditeur tente surtout de compenser la baisse d'activité générale du secteur logiciel en puisant dans la manne que représente l'activité sécurité, seule à (très) bien se porter aujourd'hui. Le timing serait en outre excellent, en cette période où l'opinion publique américaine est prête à accepter à peu près n'importe quoi en matière de sécurité.
Reste tout de même que cette brutale augmentation (151%) ne présage rien de bon pour les utilisateurs. En indexant le prix de ses mises à jour sur le nombre de virus connus, Symantec réalise un coup de force très profitable. Le nombre de parasites découverts chaque jour est en augmentation exponentielle, et il n'y a désormais aucune raison pour que le tarif de l'abonnement ne suive pas la même voie.
Mais il y a pire : si l'idée fait son chemin chez les autres éditeurs d'antivirus, la perspective de voir arriver sur le marché de vrais produits génériques performants s'éloigne pour de bon. De tels produits sont chers à développer et ne nécessitent que peu de mises à jour. Associés à un scanner minimum, ils offrent le meilleur des deux mondes. Oui mais voilà, qui dit scanner minimum, dit mise à jour minimale (un produit générique est capable de détecter la majorité des virus basés sur le même modèle sans nécessiter de signatures. Celles-ci ne sont alors nécessaires pour des parasites spécifiques).
Un éditeur nous confiait récemment, sous couvert de l'anonymat, réaliser 30% de son chiffre d'affaire annuel dès le début de l'année, grâce aux seuls réabonnements aux mises à jour. Le coup de force de Symantec risque fort d'encourager les éditeurs à privilégier longtemps encore le modèle de la détection par signature, garant d'une clientèle captive et, depuis aujourd'hui, d'augmentation de tarifs à volonté.
Plus d'information : la page d'abonnement aux mises à jour sur le site de Symantec France.
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