Business
Dossier
Eva Chen : "Nous perdons la bataille"
Par Jerome Saiz, le 03 juil 2008 à 23:35:21 - Dernière modification le 04 juil 2008.
Sommaire
- Antivirus : la révolution in the cloud
- De bonnes idées chez les concurrents
- Eva Chen : "Nous perdons la bataille"
- Les éditeurs cherchent des alternatives aux signatures

Eva Chen livre à LesNouvelles.net sa vision de la lutte antivirale et, surtout, de son business : quels plans pour Trend Micro, et qui sont aujourd'hui ses concurrents ?
LesNouvelles.net : A vous écouter aujourd'hui, vous n'êtes pas tendre avec l'industrie antivirale. Pourquoi ?
Eva Chen : Nous perdons la bataille, et nous - les éditeurs d'antivirus - sommes très discrets là dessus depuis vingt ans. L'an dernier le business du malware était estimé à 8,3 milliards de dollars. Celui des antivirus, tous éditeurs confondus, est d'environ six milliards de dollars. Et le logiciel antivirus est souvent élu "software le plus ennuyeux" lors de sondages sur Internet. Il y a forcément quelque chose qui ne fonctionne pas, et c'est ce qui m'a poussé à changer de stratégie.
LNN : Avec ce changement de stratégie, qui est désormais sur le radar de Trend Micro ?
Eva Chen : Je garde avant tout un oeil sur McAfee : ils ont un business model proche du nôtre et se consacrent tout comme nous exclusivement à la sécurité. Mais je surveille également de près Google désormais : ils sont comme nous sur le modèle Software as a Service (SaaS), ils sont aussi dans la sécurité avec leur rachat de Postini, et surtout ils ont toutes les données des utilisateurs "in the cloud". Il faudra nécessairement en assurer la sécurité. De la même manière, j'observe Amazon. Là encore, il faudra une couche de sécurité sur ce "cloud business". Cependant je ne les vois pas que comme des concurrents, mais aussi potentiellement comme une nouvelle plate-forme pour développer nos services de sécurité.
LNN : Quelle est la prochaine étape de votre nouvelle stratégie ?
Eva Chen : Je veux maintenant établir un éco-système autour de notre service. Le modèle n'est finalement pas très loin de celui de Google : il y a d'abord un avantage technologique, que nous avons aujourd'hui. Mais cela ne dure que dix-hui mois. Ensuite, il y a l'attraction des utilisateurs, qui eux seuls rendent le service meilleur et plus efficace. Et enfin, il y a la création d'un éco-système, afin de partager les revenus avec les créateurs de services autours de notre plate-forme.


Rien ne semble changer en matière de risques et sécurité dans le monde bancaire. Constat désabusé et inquiet d'un RSSI du secteur.
Alors qu'OpenID attise l'intérêt des géants de l'informatique, l'acquisition de Credentica par Microsoft laisse augurer d'une possible guerre des « standards » en matière de gestion des identités sur le Web.
Le risque induit par un nouveau projet peut mettre en danger l'entreprise. Une analyse de risque en amont est indispensable.