Business
Websense avale SurfControl
Par Jerome Saiz, le 27 avril 2007 à 12:53:00.

Websense, connu notamment pour ses solutions de filtrage d'URL, annonce le rachat de SurfControl, son principal concurrent. Derrière cette acquisition se profile la course aux services externalisés : SurfControl venait de racheter Blackspider, un fournisseur européen de messagerie sécurisée "As a Service" concurrent de MessageLabs et consorts.
Websense s'offre SurfControl, son principal concurrent, pour 400 millions de dollars en cash. L'opération pourrait passer pour une simple consolidation sur le marché du filtrage d'URL, mais elle va bien entendu au delà : elle confirme avant tout les ambitions de Websense de s'étendre à la fois vers le marché des services externalisés et sur le poste de travail.
Accessoirement elle l'aide aussi à troquer son image de spécialiste du filtrage d'URL pour celle, plus seyante, d'un acteur un peu plus généraliste de la sécurité. Un acteur présent à la fois sur la passerelle et sur le poste de travail, et cela tant au niveau des menaces web que des spams et des codes malicieux.
Outre la tranquillité d'un concurrent en moins et une base de clients en plus, Websense s'offre ainsi avec SurfControl un portefeuille de technologies.
La première, et probablement celle qui a pesé le plus dans la décision du rachat : Blackspider, un fournisseur de messagerie sécurisée concurrent des MessageLabs et autres Postini. Websense, par l'intermédiaire de son nouveau CEO Gene Hodges (ex McAfee), avait indiqué vouloir se rapprocher des services, dont acte.
Mais l'éditeur récupère aussi d'autres technologies savoureuses. Celle d'Apreo par exemple, un anti-spyware racheté en 2005. Et c'est bien vu, car aujourd'hui, lorsqu'on souhaite devenir un acteur (plus) généraliste de la sécurité, cela ne fait pas de mal d'avoir un "vrai" antispyware au catalogue, comme l'ont bien compris Trend Micro (avec le rachat d'InterMute), CA (PestPatrol) ou Microsoft (GIANT).
Websense rafle aussi les différentes briques intégrées à l'offre Enterprise Protection Suite de SurfControl. Déclinée pour la protection de l'email, du web et des postes de travail, cette dernière ne sera bien entendu pas entièrement utile à Websense, dont les solutions de coeur de métier sont souvent redondantes (filtrage d'URL, catégorisation des sites, détermination des contenus malicieux qu'ils peuvent héberger, etc...).
En revanche sur la partie filtrage d'emails (nettoyage des virus, des pièces jointes) et - surtout - sur le poste de travail, Websense décroche des pépites fort utiles.
L'éditeur, qui n'a jusqu'à présent fait que des premiers pas timides sur le poste de travail, reconnaît pourtant lorgner du côté des HIPS (Host-based Intrusion Prevention Systems). Et il s'agit d'un monde radicalement différent de celui du filtrage d'URL. Un rachat vaut toujours mieux dans ces conditions qu'un développement, tellement la prévention des intrusion est un métier à part. Websense récupère ainsi un outil relativement crédible sur le poste de travail, capable notamment d'empêcher l'exécution des binaires non-autorisés (exeWatch) et les écritures illégitimes sur le disque (WriteWatch).
Reste à Websense à correctement intégrer les deux offres afin de sortir durablement de l'image de simple "filtreur d'URL" qui lui colle encore à la peau. Et ce sera peut-être aussi pour SurfControl l'occasion d'obtenir la visibilité qui lui manquait dans le domaine de la lutte contre les codes malicieux.
Plus d'information
- L'annonce sur le site de Websense (en anglais)
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