Justice
Procès d'un auteur de botnet
Par Jerome Saiz, le 26 jan 2006 à 12:23:00.

Un américain de vingt ans comparaît devant la Justice de son pays pour avoir assemblé et utilisé un "botnet", un réseau de PC zombies détournés à l'insu de leurs propriétaires. Cela lui a rapporté plus de 60.000 dollars grâce à l'installation d'adwares. Il reconnaît les faits et encourt jusqu'à vingt-cinq ans de prison. Il devra également rendre l'argent gagné... et la BMW qu'il s'était offert !
A vingt ans, Jeanson James Ancheta avait tout d'un entrepreneur : il roulait en BMW et s'était déjà accordé une confortable prime de soixante mille dollars. Mais son business, il le faisait aux dépends des internautes : Jeanson James Ancheta contrôlait un "botnet".
Ces réseaux de PC détournés à l'insu de leurs (incompétents) propriétaires sont devenus la clé de voûte du business des escrocs sur le web. Ils servent désormais à remplir toutes sortes de tâches illégales et lucratives tout en en faisant porter la responsabilité à leurs propriétaires ignorants.
Jeanson James Ancheta louait le sien, par exemple, à qui souhaitait attaquer un site web (l'ensemble des PC détournés concentrent alors leur trafic vers le site, qui ne peut y faire face et devient inaccessible). Cette branche de son activité lui aurait rapporté 3000 dollars.
Mais la pratique la plus lucrative reste la diffusion d'adwares : en installant un logiciel publicitaire sur chaque PC qu'il détournait, le jeune américain a récolté 58.000 dollars de primes, payées rubis sur l'ongle par les intermédiaires publicitaires ou les éditeurs de ces logiciels (des sociétés qui, aujourd'hui encore, tentent de faire croire qu'elles combattent farouchement ces installations sauvages, alors que leurs logiciels sont conçus pour cela...)
Arrêté par le FBI au mois de novembre dernier, Jeanson James Ancheta est aujourd'hui devant la Justice. Après avoir plaidé coupable, il a convenu de rendre l'argent gagné grâce à ses botnets (y compris la BMW offerte grâce à l'argent des adwares), et de payer 20.000 dollars supplémentaires au gouvernement américain, en dédommagement pour l'infection d'ordinateurs militaires (les internautes, eux, bien sûr, ne seront pas dédommagés...).
Il risque malgré tout jusqu'à vingt-cinq ans de prison. Verdict au mois de mai prochain.
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