Justice
Sexe et escroquerie sur Internet : c'était la Mafia.
Par Jerome Saiz, le 19 mars 2003 à 13:48:00.
On se doutait bien que la mode des sites pornographiques "gratuits" cachait quelque arnaque. Surtout ceux qui demandent un numéro de carte bancaire simplement pour prouver que l'internaute est majeur. Et c'est juré, elle ne sera jamais débitée, parole de businessman pornographe ! Désormais, on sait qu'il s'agit bien d'une arnaque... de la Mafia New-Yorkaise. Et elle aurait rapporté 230 millions de dollars.
L'arrestation aux Etats-Unis d'un membre présumé de la Mafia a permis d'éclairer les rouages de l'une des escroquerie les plus flagrante d'internet : l'accès soit disant gratuit à des sites pornographiques. Derrière ces offres se cachait en réalité une véritable structure mafieuse qui aurait généré, via une société de services créée pour l'occasion, un "chiffre d'affaire" de 230 millions de dollars, extorqué à des internautes bien naïfs.
L'escroquerie commençait avec les habituelles publicités agressives pour des sites pornographiques gratuits. Le prestataire était une société-écran de la Mafia et elle proposait aux internautes l'accès gratuit à de nombreux sites bien réels mais... payants !
Il s'agissait bien sûr de l'arnaque habituelle dit du contrôle d'age (AVS) : "on veut bien vous laisser consulter gratuitement nos milliers d'images, mais la loi nous oblige à s'assurer que vous êtes majeur" expliquent en substance de nombreux sites. La plupart exigent en fait de souscrire à un service dit "d'authentification", qui n'est autre qu'un abonnement payant valable pour tous les sites affiliés au même réseau (AdultCheck, OneVerify, AdultPass, etc...)
Mais ce n'était pas le cas ici. Pour prouver qu'il est majeur et accéder "gratuitement" aux sites pornographiques présentés, l'internaute alléché devait communiquer son numéro de carte bancaire, qui ne devait être jamais débitée. Et c'est là où l'insondable naïveté de certains internautes en viendrait presque à blanchir les escrocs.
Car bien sûr, les comptes étaient systématiquement débités, le plus souvent d'un montant proche de 60 euros par mois.
Pour ce tarif, les victimes étaient en réalité abonnées d'office aux sites pornographiques vantés par les publicités, qui n'avaient pourtant rien à voir dans l'histoire ! La société mafieuse se faisait simplement l'intermédiaire et abonnait de force les clients trop naïfs.
Elle avait même passé des accords publicitaires avec un éditeur de magazines érotiques connu, afin d'annoncer sur les sites de ses titres populaires !
L'escroquerie a été découverte par la société VISA qui s'intriguait de recevoir un nombre anormalement élevé de demandes d'annulation de prélèvement à l'encontre de la société mafieuse.
Le créateur de cette dernière, membre présumé d'une famille mafieuse New-Yorkaise, a été arrêté et sera jugé prochainement. Sa petite entreprise lui aurait rapporté 230 millions de dollars, sur une période non communiquée.
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